APERÇU | Night Call, un taxi dans la nuit meurtrière

Souvenez-vous, à l’E3 2018, on découvrait le trailer d’un jeu indépendant à la fois sombre et intriguant. L’histoire d’un chauffeur de taxi à la poursuite d’un tueur en série qui sévit dans un Paris contemporain. Ce jeu, c’est Night Call. Fermez la portière, bouclez votre ceinture et embarquez avec moi dans ce taxi à la découverte de cette enquête singulière à l’ambiance crasse…

Tous pourris

Il y a un tueur en ville. On m’a retrouvé une nuit les tripes à l’air avant de m’emmener à l’hôpital. En tout cas, c’est ce qu’on m’a raconté. J’étais inconscient bien sûr, peut-être même mort, qui sait. C’était il y a quelques semaines : à peine le temps de me remettre que je reprenais le boulot. Je suis chauffeur. Pas l’un de ceux qui sont à leur compte non, chauffeur de taxi. À l’ancienne quoi. Ce soir-là, alors que la nuit commençait à tomber, je suis tombé sur une cliente bien particulière. Elle était flic. Une femme dans la quarantaine, déjà aigris, usée par la noirceur de la ville des Lumières. Elle causait d’un ton sec et ce qu’elle m’a dit m’a fait bien plus que l’effet d’un coup de fouet : c’est un poignard qu’elle remuait dans ma plaie à peine cicatrisée.

Des menaces, de l’intimidation, du racisme abject, j’ai eu droit à tout. Tout ce qu’il fallait pour me convaincre de bosser pour la police. Tout ce qu’il fallait pour que je fasse le sale boulot à sa place. Le tueur courait toujours, j’étais le seul survivant et, surtout, j’avais le malheur d’avoir des origines étrangères en plus d’un passé sulfureux. J’avais déjà payé ma dette mais ça ne suffisait pas. Ça ne suffit jamais, même dans ce pays. J’avais désormais une mission, ma seule issue pour échapper au chantage de cette chère cliente. Écouter, observer, enquêter, bref, je devais noter tout ce qui pouvait amener au tueur pour le compte de cette garce. C’était ça ou la prison à vie, reconnu coupable d’être le tueur en série pour couvrir la médiocrité des enquêteurs. J’étais fait comme un rat. Oui, je ne l’ai pas dit plus tôt mais c’était une sacrée salope.

Vive la politique

Cette nuit allait être longue. À peine ma “cliente” avait-elle claqué la portière que je démarrais pour commencer ma tournée. J’avais beau avoir la tête sur le point d’exploser, je devais bien gagner ma croûte. Je roule, presque paisiblement, il n’y a que ça pour se vider l’esprit. Au loin, j’aperçois la silhouette d’un homme tenant une mallette à la main, il me fait signe de le prendre. Sur le siège arrière, j’aperçois enfin la tête du bonhomme. Il est habillé chic, c’est un homme d’affaire. Chose étrange, il semble nerveux : des gouttes de sueur perlent sur son front gras et le long de son crâne presque chauve. Je le questionne sur son état, j’ai déjà suffisamment d’emmerdes pour me retrouver avec un fuyard ou un macchabée sur les bras.

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Sa voix est nasillarde, tremblante. Il est à bout de souffle, presque en panique. Ça ne l’empêche pas de se livrer. Comme je m’y attendais, c’est un politique, un de ces ronds-de-cuir qu’on ne voit jamais mais qui décide tout à notre place. Il s’émeut de la corruption qui selon lui gangrène le gouvernement. Rien de bien nouveau à l’exception près que cette fois-ci, cet homme a osé dire non. Maintenant, il a peur pour sa vie. Bienvenue en France. Le reste du trajet se déroule en silence. Dans mon rétroviseur, je ne vois plus un politique : je ne vois qu’un pauvre homme noyé dans sa propre merde. Il me fait pitié. Avant de le déposer, il me demande un service : garder la mallette et la considérer comme un objet égaré. J’ignore encore pourquoi mais j’accepte. Il me paye grassement et s’en va, me confessant à demi-mot qu’il comptait maintenant fuir le pays avec sa famille. Je n’ai plus jamais entendu parler de lui.

Un taxi pour la liberté

Des clients, j’en ai eu d’autres dans la nuit. Pas des gens bizarres mais pour la plupart des âmes égarées : mère inquiète, gigolo et j’en passe. Ils avaient tous quelque chose à me raconter. Autant d’histoires que de failles dans notre humanité. Malheureusement, rien d’intéressant pour mon enquête. J’espère que j’aurai quelque chose demain. C’est déjà le matin. J’ai à peine le temps de rentrer chez moi pour faire un rapide point et me reposer avant la prochaine tournée. Le temps presse, il y a un tueur en ville et ce n’est pas moi.

  • Aperçu réalisé à partir d’une version du jeu encore en développement.
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