CRITIQUE | Metro 2033 de Dmitri Gloukhovski

Alors que le jeu Metro Exodus va sortir en février 2019 si tout se passe bien, il est de bon ton de retourner aux sources de la série. Cette source n’est pas le jeu Metro 2033 mais le roman russe éponyme paru en 2005. Retour sur ce roman à succès.

Terminus, tout le monde descend

Le roman se déroule en Russie et plus précisément à Moscou vingt ans après une guerre nucléaire. La surface de la Terre n’est plus habitable pour les humains, donc le reste des Moscovites se sont cachés des radiations dans le Metro. Pendant ce temps, des villes se sont créées dans les différentes stations avec différents système de fonctionnement de survie. C’est dans ce monde que vit Artyom, le personnage principal de ce roman. Né quelques temps avant la guerre, il n’a que très peu de souvenir de la surface. Il vit dans la station VDNKh avec son père adoptif Sacha Soukhoï qu’il a sauvé d’une attaque de rat pendant son enfance. Alors qu’il est un des gardes de sa station contre les “Noirs”, des créatures mutantes, il va avoir la visite d’un stalker nommé Hunter. Celui-ci va lui donner pour mission d’aller contacter le groupement de station nommé Polis pour les prévenir du danger qui menace le Metro tout entier. Polis est considérée comme le dernier lieu où les humains vivent encore dans des conditions proches de celles d’avant les bombardements nucléaires. Mais pour faire cela, il devra traverser une grande partie du Métro ce qui n’est pas la chose la plus aisée. Entre les attaques de rats, celles de monstres créés par les radiations et les différents système politiques ou mafieux mis en place dans les stations, le parcours sera long et fastidieux. De plus, les tunnels reliant les stations semblent avoir une âme qui distord le temps et rend fou les personnes qui ne sont pas habitués à ces conditions. Dans cette traversée du Métro nous allons découvrir les conditions de vie ou de survies de l’humanité et comment elle a évolué dans la pénombre.

Une suite de nouvelle

Première chose remarquable, le rythme soutenu de l’histoire. Avec les traversées des tunnels qui s’estompent peu à peu au fil du récit, les découvertes des différentes stations jonchant le parcours d’Artyom semblent être des nouvelles. En effet, même si certaines sont traversées rapidement, il y a toujours une intrigue qui se crée dans ces lieux de vie. D’une simple découverte du fonctionnement de la station à des affrontements, il se passe toujours quelque chose. Et avec la diversité des stations, leurs décors, leurs fonctionnements, leurs pensées politiques etc, chaque passage semble seulement relier par la mission du héros. Le passage des tunnels joue le rôle de fil rouge dans cette aventure, sorte de seule constante dans ce monde lugubre et sinistre. Cette cadence donnée par la narration donne plusieurs aspect au livre. Tout d’abord, il aborde la notion de temps qui devient relative dans les stations puisque la nuit ne veut plus dire grand chose par exemple. De plus, cela donne aussi au monde du métro un aspect d’univers composé d’îlots perdus dans la nuit des tunnels. On ressent alors les lignes comme étant longues de plusieurs milliers de kilomètres et que chaque mouvement, chaque voyage nécessite une énergie phénoménale. Tout cela crée un univers à part qui réunit presque toutes les problématiques de l’humanité sur un récit. Gestion des ressources, alliances, guerres, discriminations, presque tout est présent.

Last light

Car plus qu’un simple livre d’anticipation, Metro 2033 est un livre qui plonge dans les tréfonds de l’humanité. Le récit, adoptant le point de vue du héros, montre que la réalité et la démence semble se mélanger dans le métro sans que le lecteur puisse vraiment savoir ce qui est vrai ou non. Dmitry Glukhovsky, l’auteur du livre, s’attarde longuement sur le ressenti des protagonistes et sur les limites entre la démence et les créations volontaires ou non de l’humain. Tous les lieux semblent avoir une vie propre et représentent un danger alors que ce sont les derniers bastions de l’humanité. Toute cette folie est portée par des descriptions très précises mais qui ne prennent pas non plus 5 pages à la Zola. Enfin, cette narration est aussi portée par les différentes rencontres que fera Artyom qui ne connait pas grand chose en dehors de sa station d’origine. Cela permet d’avoir différents points de vues sur cette humanité qui est en train de s’éteindre dans les boyaux de Moscou. Elle ajoute aussi une alternative aux pire systèmes mis en place, ne mettant que très rarement un jugement de valeur sur les personnes prisonnières de leur survie.

Aucun doute, Metro 2033 est un grand classique de la SF qui a su se démarquer des autres œuvres du même genre. Même si je vous conseillerai de vous accrocher et de ne pas déprimer avant de vous lancer, cela reste extrêmement plaisant à lire tout en étant très grave dans son ton. Si vous avez joué aux jeux, je vous conseille d’autant plus de vous plonger à nouveau dans cet univers avec le roman, référence absolue et bien plus profonde que les adaptations. N’attendez plus, foncez dans la pénombre de Metro 2033…

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