Ready Player One, chef d’oeuvre virtuel

C’était le film phénomène d’avril 2018. Après Pentagon Papers, Steven Spielberg revenait aussi sec avec Ready Player One, adaptation du livre du même nom écrit par Ernest Cline que l’on retrouve d’ailleurs à la co-écriture du scénario. Retour sur cet ode à la pop culture encensé aussi bien par la critique que par le public.

Plein les mirettes…

En 2045, l’humanité est aux portes de la catastrophe. Famine, pauvreté, guerre,… rien ne va plus. Pour s’extirper de cette morose réalité, une grande partie de la population s’adonne aux joies de l’OASIS, jeu vidéo en réalité virtuelle très immersif qui n’est autre qu’un immense terrain de jeu bourré de références à la pop culture. Cependant, après la mort d’Halliday, le créateur et garant de l’équilibre et de la liberté de ce monde, l’OASIS est menacée par une bonne grosse boîte capitaliste qui veut faire de ce monde virtuel une véritable pompe à fric. Pour se faire, celle-ci prévoit d’achever la difficile quête laissée par Halliday dont la récompense n’est autre que la gestion de l’OASIS toute entière. Fort heureusement, une poignée d’irréductibles joueurs ne l’entend pas de cette oreille et va tout faire pour préserver ce lourd héritage ainsi que l’esprit initial de l’OASIS…

Après une première partie qui part sur les chapeaux de roues (c’est le cas de le dire !), plus aucun doute n’est permis : visuellement, que ce soit au niveau de sa réalisation ou de sa photographie, Ready Player One est superbe. Les scènes s’enchaînent et l’action décolle non-stop le tout dans une fluidité remarquable. Si très tôt, on peut craindre que le film tombe dans la surenchère, celui-ci parvient au contraire à garder un bon équilibre, nous gratifiant de visuels fourmillant de détails sans que jamais cela ne nous donne le tournis. Plus fort encore, alors que la communication autour de Ready Player One laissait présager de l’univers de l’OASIS un fourre-tout imbuvable de références, il n’en est rien. Là aussi, les références (bien qu’un peu insistantes parfois) sont habilement saupoudrées pendant toute la durée du long-métrage et ne font finalement office que d’habillage discret. Un habillage qui ravira les mordu(e)s de pop culture et permet d’ancrer le monde de Ready Player One dans notre réalité.

…mais rien dans la tête !

Ready Player One nous est donc livré dans un magnifique écrin. Mais qu’en est-il de son scénario ? Dans les faits, ce qui nous est servi là n’a rien d’extraordinaire. Une quête principale, un mentor, de nombreuses péripéties, de l’amitié, de l’amour et un grand méchant : tous les ingrédients sont présents. Je me dois bien de le reconnaître, à défaut d’être parfaite, l’histoire qui nous est racontée reste très efficace. Cependant, à y voir de plus près, celle-ci est entachée par de nombreuses faiblesses qui empêchent Ready Player One d’accéder au statut de chef d’oeuvre que beaucoup s’empressent de lui attribuer.

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Outre l’excusable fadeur des personnages principaux, le héros Wade Watts en tête, l’antagoniste principal de Ready Player One frise le ridicule. Homme d’affaire impitoyable, celui-ci n’aura de cesse de vouloir arrêter Wade et ses ami(e)s à n’importe quel prix. Si sa seule motivation ne repose que sur le profit et un semblant de jalousie, le grand méchant de cette histoire ne donne jamais l’impression d’être réellement dangereux. Malgré un attentat meurtrier à son actif (qui n’a d’ailleurs quasiment aucune incidence si ce n’est faire bouger l’action du récit), l’antagoniste passe généralement pour un bouffon toujours dépassé par les événements. Ainsi donc, les enjeux s’en trouvent drastiquement amoindris, de même que la résolution de la quête initiale qui se terminera sur un semblant de morale franchement décevant pour ne pas dire à côté de la plaque. Enfin, on passera rapidement sur quelques incohérences avec l’utilisation de la VR, l’intrigue amoureuse très linéaire et l’ombre de l’adaptation qui ne cesse de planer sur le scénario de Ready Player One. Une ombre qui s’illustre à travers de longs monologues en voix off ou des explications bien trop littérales pour une oeuvre cinématographique. Un manque d’élégance qui enlève un peu d’éclat à la maestria de Spielberg.

S’il n’est ni un chef d’oeuvre, ni le meilleur film de Spielberg, Ready Player One reste un épique et magnifique divertissement. Visuellement fabuleux et ponctué avec goût par une BO qui emprunte volontiers aux classiques des 80’s, le film évite l’écueil du trip nostalgique et s’en sert uniquement comme tremplin pour instaurer son propre univers. On saluera aussi le travail d’Alan Silvestri qui, grâce à ses compositions, rend également hommage à l’esprit des films d’antan. On regrettera seulement de Ready Player One son scénario à l’écriture un peu faiblarde, sans véritable sous-texte, si ce n’est quelques réflexions naïves qui se traduisent à l’écran par une fin en apparence bâclée. Il s’en est fallu de peu pour que ce soit le film de l’année.

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