Mary et la Fleur de la sorcière, la magie sans féerie

Première production du Studio Ponoc, des anciens du célèbre Studio Ghibli, Mary et la Fleur de la sorcière a la lourde tâche d’asseoir la légitimité de ces nouveaux faiseurs d’histoires. Essai transformé pour la jeune équipe ?

N’est pas conteur d’histoire qui veut

Mary est une jeune fille débordante d’énergie. Alors qu’elle vient tout juste de déménager, elle vit avec sa tante en pleine campagne et autant dire qu’elle s’ennuie ferme. Au détour d’une promenade, elle trouve une fleur particulière qui, à son insu, lui donnera des pouvoirs magiques. Subitement, elle se retrouve au-dessus des nuages dans une académie de magie dont elle ne soupçonnait même pas l’existence…

Vous l’aurez compris dès la lecture de ce bref résumé, l’histoire de Mary et la Fleur de la sorcière n’est pas la plus originale qui soit. L’archétype de l’enfant innocent qui se retrouve happé dans une aventure extraordinaire, ça ne date pas d’hier. En soit, rien de dramatique : bien souvent dans ce genre de scénario, l’intérêt est ailleurs. Développement des personnages, univers original, sous-intrigues étoffées, il y a bien des façons de renouveler la recette. De la même façon, il y a également  bien des façons d’échouer dans ses intentions et malheureusement, Mary et la Fleur de la sorcière fait plutôt parti de ce second camp. La première chose qui saute au visage n’est autre que la fadeur des personnages principaux, Mary en tête. Aucun ne dégage une quelconque personnalité et tous vont s’abandonner dans les limbes du personnage fonction. Entre le passé des personnages à peine évoqué et leurs motivations troubles ou inexistantes, il n’y a pas grand chose à quoi nous pouvons nous accrocher.

mary-et-la-fleur-de-la-sorciere-power

Ne reste alors plus que l’intrigue et ses diverses péripéties pour nous divertir. Mais là aussi, les choses coincent. Tandis que l’histoire se déroule sous nos yeux, celle-ci enchaîne les moments d’actions et de bravoures sans ne jamais prendre le temps de véritablement s’arrêter sur les conséquences de ces actes, aussi bien sur l’intrigue que sur la psyché des personnages. Le film se vautre alors dans une succession de scènes sans âmes, à peine reliées entre elles par un scénario prévisible qui achève de donner à Mary et la Fleur de la sorcière des atours de bande démo plus que d’oeuvre cinématographique.

Couper le cordon

Si le film ne brille donc pas par son scénario, il relève néanmoins le niveau grâce à son animation. Une animation réussie, qui, si elle n’est pas tout le temps parfaite, prouve tout de même le talent des animateurs à mettre en image leurs idées. Le résultat est détonant, l’action est fluide, les couleurs fusent et les environnements transpirent de beauté. Les visuels fourmillent d’idées et le design de certains personnages attisent notre curiosité. Enfin, les musiques, sans être mémorables, aident à poser une ambiance singulière.

mary-et-la-fleur-de-la-sorciere-balai

Cependant, ces quelques qualités sont contrebalancées par une influence beaucoup trop marquée des productions Ghibli. Design d’ennemis, personnages, thèmes abordés : tout renvoie aux œuvres auxquels les membres du Studio Ponoc ont participé par le passé. D’ailleurs, les références sont tellement évidentes que l’on frise parfois le plagiat. Hommages trop marqués ou inspiration inconsciente, ceci interroge en revanche très sérieusement sur la volonté du studio : vouloir proposer une autre vision du film d’animation est une chose mais se contenter de singer ce qui a déjà été fait auparavant en est une autre. Ainsi, quel intérêt de se lancer dans un tel chantier si ce n’est pour ne réaliser qu’un sous-produit de ce que fait déjà très bien le Studio Ghibli ?

Pour ces nombreuses raisons, Mary et la Fleur de la sorcière est une déception. Un beau premier film d’animation qui fourmillent d’idées mais qui peine à les exécuter, handicapé par des influences encore trop présentes. Un manque de maîtrise évident qui se traduit par un scénario trop faible aux allures de patchwork auquel il manque l’essentiel : une âme.

Publicités

2 commentaires sur “Mary et la Fleur de la sorcière, la magie sans féerie

Ajouter un commentaire

  1. Quel rabat-joie ce Raph’ 😂 ! En fait j’aurais tendance à être d’accord avec toi. Tout ce que tu dis est vrai malheureusement. Mais tout dépend de comment tu te places en tant que spectateur. Personnellement, j’ai trouvé certaines productions de Ghibli bien trop compliquées. Par exemple je me suis endormi à trois reprises en regardant les trente premières minutes de Princesse Mononoke ! Même si ce genre de films s’adresse aussi bien à des enfants qu’à des adultes, l’innocence et la naïveté qui se dégage de Mary et la fleur de la sorcière est appréciable. On peut apprécier un film sans avoir à trop réfléchir. Reste que tu as raison, les personnages ne sont pas suffisamment développés et ils manquent parfois de charisme !

    Aimé par 1 personne

    1. Hahaha xD
      Je comprends tout à fait ce que tu veux dire ! Après de mon côté j’aime bien cet aspect un peu psychologique mais je ne demande pas forcément à ce qu’il soit présent partout. Dans le cas de Mary, ça n’y est pas mais ce n’est pas ce qui m’a vraiment gêné. Disons simplement que puisque le film avait d’autres ambitions, j’attendais de lui qu’il joue à fond la carte de l’aventure ! Malheureusement, ça reste un peu trop bancal pour moi ^^’
      Mais le film est largement regardable !

      J'aime

Et si tu nous donnais ton avis ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :