Yakuza Kiwami, un yakuza dans la ville

Plus de onze ans après sa sortie en France, Yakuza ressort chez nous sous le nom Yakuza Kiwami. Plus beau et au contenu plus fourni, retour sur ce nouveau premier épisode d’une série encore trop méconnue en occident.

Nombre de licences japonaises ne dépassent jamais les frontières du pays du soleil levant. Cependant, certaines d’entre elles sont jugées suffisamment universelles pour être exportées dans nos contrées. Vous l’aurez deviné, Yakuza fait partie des chanceuses. C’est ainsi qu’en 2006 sort en France le tout premier épisode de cette série qui, depuis, dénombre six épisodes et d’innombrables spin-off. Mais malgré les efforts de Sega pour exporter cette franchise populaire hors du Japon, la sauce n’a jamais vraiment pris chez nous, faisant de Yakuza une licence assez confidentielle. Cela n’empêchera cependant pas l’éditeur de continuer à distribuer ses suites, même si elles accuseront toutes un retard important comparé aux dates de sorties japonaises ainsi que quelques concessions comme l’absence de localisation dans la langue de Molière…

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Yakuza, 2005.

Après moult remastered HD du premier épisode, Sega décida finalement de relancer la licence Yakuza en sortant Yakuza Zero, préquelle du tout premier Yakuza, avant de lancer le développement de plusieurs véritables remakes, à l’image du jeu dont il est question aujourd’hui, Yakuza Kiwami, remake du premier épisode à l’origine sortie sur Playstation 2 en 2005. Avant de vous engager plus loin dans cette critique, je tiens à préciser une chose : je n’ai jamais joué à un quelconque épisode de la série. Ainsi, ce Yakuza Kiwami ne sera pas jugé en qualité de remake mais bien pour sa proposition en tant que jeu. Tout parallèle que je pourrai faire avec la version de 2005 sera le fruit de quelques recherches de ma part et non de constatations spontanées durant mon expérience.

Le Parrain

Pour résumer rapidement, vous incarnez Kazuma Kiryu, membre de la mafia japonaise, les yakuza. Au sein de la famille Dojima, vous êtes affilié au clan Tojo, clan qui regroupe d’autres familles de mafieux. Suite à un événement fâcheux en 1980, vous vous retrouvez en prison et en ressortait 15 ans plus tard pour vous apercevoir que tout a changé et que se livre désormais une guerre intestine entre les différentes familles du clan Tojo . Par la suite, vous découvrirez que votre meilleur ami et une amie chère à votre cœur pourraient bien être impliqué dans ces événements. C’est alors que vous ferez tout pour tirer la situation au clair…

Voilà donc pour le speech de départ de Yakuza Kiwami. Les connaisseurs pointeront du doigt le manque de détails de cette brève explication mais vous en dire davantage risquerait de vous gâcher un pilier central de Yakuza : son scénario. En effet, riche en rebondissements, de protagonistes et d’antagonistes marquants, vous avez là le premier point fort du titre. Accrocheur, le périple de Kazuma n’a pas à rougir face à certaines œuvres du 7ème Art. Remaniées spécialement pour ce remake, les cinématiques bénéficient d’une réalisation soignée et sont portées par un doublage (japonais) très convaincants. Mention spéciale à la relation tordue et complexe entre Kazuma et Majima, héritage de l’épisode Yakuza Zero parfaitement intégré à cette nouvelle relecture du premier Yakuza. D’ailleurs, ceci est loin d’être le seul emprunt à cet épisode.

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Majima est un sacré taré, croyez-moi.

Si, pour étoffer son histoire, Yakuza Kiwami reprend certains éléments scénaristiques de Yakuza Zero, il reprend également son moteur de jeu, hérité de la génération PS3. Dit comme ça, cela peut inquiéter. Mais rassurez-vous, même si ce n’est graphiquement pas époustouflant, l’ensemble a bien été optimisé, ce qui donne un résultat très propre et garantit une expérience agréable à l’oeil. Les visages, sans être des étalons de la modélisation, transpirent d’émotions et bien que certains environnements paraissent un peu vide, la ville et l’intérieur des boutiques fourmillent de détails et de vie ce qui confère au jeu une ambiance sans pareil.

Les Lumières de la ville

La ville d’ailleurs, parlons-en. Pour ceux qui l’ignorent, Yakuza Kiwami est à la fois un beat them all et un jeu d’exploration. Ainsi, entre la ribambelle de combats qui vous attend, vous aurez tout loisir de parcourir la reproduction fidèle d’un quartier de Tokyo. Bien plus qu’un simple hobby, l’exploration du quartier permettra de vous adonner à une multitude de mini-jeux typiquement japonais, allant de la simple machine à pince (UFO Catchers) aux bars d’escort girls que vous draguerez gentillement. Mais ce n’est pas tout. Arpenter les rues vous amènera à rencontrer de nombreuses personnes qui auront des tâches diverses à vous confier qui sont autant de quêtes annexes à remplir. Scénarisées, elles ne sont jamais gratuites puisqu’elles s’achèvent toutes sur un semblant de morale. Loin d’être indispensables, elles participent cependant grandement à l’ambiance si particulière du titre et témoignent du soin apporté à l’écriture du jeu. Truffé de magasins et restaurants en tout genre, il vous sera également toujours utile de faire quelques emplettes en consommant ou achetant des soins, armes et équipements en tout genre pour préparer vos futurs combats. Mais ne vous y trompez pas, vous n’êtes pas non plus libre de tout faire. Beaucoup d’endroits demeurent inaccessibles, bloqués par des murs invisibles. Bien que le quartier propose une exploration assez souple, celle-ci n’en reste pas moins cloisonnée. Même si cela est de prime abord plutôt perturbant, le jeu a tôt fait de nous faire oublier ce léger défaut grâce à tout le contenu que j’ai abordé plus haut.

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On notera des effets de lumière et de réflexion très convaincants.

Et ce n’est pas tout ! Au fil de vos promenades, vous serez souvent arrêté par des bastonneurs en tout genre, toujours prêt à en découdre. Ces interruptions, bien qu’un peu trop nombreuses à mon goût, dynamisent l’exploration et permettent de s’entraîner à maîtriser nos différents combos tout en engrangeant de l’expérience utile au développement de nos capacités de combat. Enfin, dernier élément perturbateur de nos balades, Majima en personne. Désireux de nous faire progresser, il peut se trouver n’importe où, n’importe quand, prêt à nous défier en combat singulier à la première occasion. Cocasse, ceci donne lieu parfois à des situations particulièrement drôles et nous permet d’accéder à de nouvelles techniques de combats. Inédit à ce remake, ce nouveau ressort de gameplay est une vraie trouvaille !

Karate Kid

Parlons donc enfin du cœur du jeu, les combats. Première particularité, le système de combat n’est pas le même que dans l’épisode original mais vient tout droit de…Yakuza Zero, oui, encore lui ! Très simplement, celui-ci consiste à maîtriser quatre styles de combat distincts avec lesquels il faudra alterner afin de venir à bout de ses adversaires et des boss. Outre une panoplie très complète de coups et d’enchaînements à débloquer via un arbre de compétences, il est également possible d’utiliser l’environnement à son avantage pour prendre le dessus sur la situation : une bicyclette ? BAM dans l’buffet ! Un panneau publicitaire ? BIM dans la tronche ! Un mur à proximité ? BOUM adieu l’dentier ! Pour la finesse, on repassera. Agrémenté d’un système d’attaque spéciale associé à une barre d’énergie, le système de combat se révèle très dynamique et propose beaucoup de diversité. Seul ombre au tableau, dans les lieux clos et face à plusieurs adversaires, les affrontements peuvent vite devenir brouillons. On déplorera aussi l’aspect “sac à PV” de certains boss, impression toujours un tantinet frustrante dans ce genre de jeu.

yakuza-kiwami-fight

Même s’il n’est évidemment pas parfait, Yakuza Kiwami a tout d’un grand jeu : des graphismes plus que correctes, un gameplay profond, une ambiance unique et un scénario haletant. Constater qu’un jeu tel que celui-ci n’ait pas laissé une empreinte plus profonde dans l’histoire du Jeu Vidéo relève d’ailleurs du mystère tant ce remake prouve, avec maestria, que Yakuza était à sa sortie déjà une oeuvre culte. Ainsi donc, en plus d’être une très bonne expérience, Yakuza Kiwami aurait pu être l‘épisode parfait pour remettre Yakuza sur le devant de la scène et lui apporter un nouveau public. Cependant, il lui manque une chose essentielle : une localisation française. Bien que le tout premier Yakuza de 2005 bénéficiait d’une traduction intégrale en français, ce Yakuza Kiwami, lui, ne se contente que d’une traduction anglaise intégrale. Certes, les dialogues ne demandent pas une maîtrise avancée de la langue de Shakespeare et moi-même, sans être bilingue, n’ai pas rencontré d’énorme difficulté de compréhension. N’empêche que ceci peut rester un frein énorme pour la majorité des joueurs… Quoiqu’il en soit, si l’anglais ne vous fait pas peur, n’hésitez pas un seul instant, vous risqueriez de passer à côté d’un grand jeu !

  • Critique réalisée à partir d’un exemplaire du jeu sur PS4 envoyé par Koch Media
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