Absolver, quand désolation rime avec baston

Première production du studio Sloclap, Absolver définit un nouveau type de jeu à lui tout seul : le combat de mêlée multijoueur. À la croisée des genres entre le beat them all et le jeu de combat classique, le pari est-il réussi ? Réponse dans cette critique, garantie sans Dark Souls à l’intérieur.

Le bruit du vent

La première chose qui frappe dans Absolver n’est pas, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le poing de notre premier adversaire. Non. Alors que l’on fait nos premiers pas avec notre avatar à apprendre les rudiments du combat, c’est l’ambiance du titre qui va d’abord attirer notre attention. Nature sauvage, villes abandonnées et architectures atypiques ont tôt fait de nous asséner notre première mandale. Nous sommes face à un environnement en proie à la désolation, délabrés sur de nombreux aspects, le tout accentué par une bande-son faisant la part belle aux bruits environnants et ponctuée d’une musique tantôt discrète, tantôt pressante ou tantôt mélancolique. Cette mélancolie, ce sentiment de civilisation déchue et de traditions perdues, Absolver nous le rappelle à chaque instant, que ce soit à travers ses rares cinématiques ou, tout simplement, à travers son terrain de jeu, Adal.

Forest-Dwellers-Outpost-absolver

Monde ouvert à explorer, Adal ne brille pas particulièrement par sa surface explorable mais n’en demeure pas moins agréable à parcourir : le monde d’Adal est petit par sa taille mais grand de part son aspect labyrinthique. Pour cause, s’il faut apprendre à maîtriser son personnage et connaître ses ennemis pour progresser et sortir victorieux de nos affrontements, le monde d’Absolver demande lui aussi qu’on le dompte à force d’allers-retours et d’impasses au détour desquelles les embuscades sont nombreuses. Faute de carte et d’indication à l’écran pour aider à l’exploration, il n’est en effet pas rare de se perdre. Bien que cet aspect puisse paraître rédhibitoire, il participe clairement à l’expérience du jeu. Nous faire déambuler sans itinéraire précis nous amène à combattre sans relâche, aussi bien pour tromper l’ennui que pour se frayer un chemin : l’exercice parfait pour affiner nos techniques de combat. En quelques mots, Alda est bien plus qu’une succession d’environnements et de paysages inspirés : c’est une véritable arène.

Dojo virtuel

Qui dit arène dit combattants. Aspirant et simple initié aux Arts du combat, votre maître vous enverra dans ce monde impitoyable aux allures de coupe-gorge pour faire de vous un Absolver, rang ultime du combattant vénérable et respecté. Pour progresser, pas de secret, il va vous falloir combattre. D’abord au prise avec de faibles adversaires, il vous faudra ensuite arpenter Alda à la recherche des Marqués, des sommités de la baston qui vont donneront plus de fil à retordre que les quelques sbires que vous croiserez souvent sur votre chemin. De victoire en victoire, de combats en combats, vous débloquerez des mouvements, des enchaînements et des pièces d’équipement indispensables, qui, en plus d’améliorer vos caractéristiques, vous façonneront un style unique. Dans sa progression, Absolver propose un sans faute : les défaites ne sont jamais punitives, elles font parti du processus d’apprentissage et sont un véritable moteur de motivation. Mieux encore, la sensation d’évolution et de montée en puissance est réelleAbsolver n’est ni trop généreux, ni trop sévère, le jeu nous récompense toujours à la hauteur de nos efforts en faisant honneur au sempiternel mythe du rite initiatique.

Le système de combat d’Absolver s’articule autour de quatre style de combat bien distincts, par exemple, tandis que l’un se concentre sur l’esquive et les frappes rapides, un autre fera la part belle à la force brute et à la résistance. De cette façon, il vous faudra choisir attentivement vos techniques, enchaînements et armes en fonction de votre style. Complexe, ce système demande un certain temps d’adaptation avant que l’on commence à en entrevoir ses réelles possibilités. Une chose est sûr, seul(e)s les plus motivé(e)s et investi(e)s sauront en tirer le meilleur. Aussi dynamique que technique, chaque affrontement devient alors une véritable épreuve. Sur ce point, Absolver gagne donc son pari en livrant un système de combat suffisamment costaud et profond pour satisfaire aussi bien les débutant(e)s que les plus acharné(e)s. Mais qu’en est-il de son aspect multijoueur ?

Expérience partagée

Plus tôt, je faisais écho d’une certaine mélancolie. Je n’ai en revanche pas précisé que celle-ci est empreinte d’un fort sentiment de solitude. Nos premiers pas dans Alda, c’est seul que nous les faisons. Nos premiers combats, c’est seul que nous les gagnons. D’une façon générale, cette aventure, cette expérience, c’est également seul que nous la vivons. Enfin…presque. En effet, il n’est pas rare de rencontrer d’autres joueurs dans notre partie avec lesquels on pourra entretenir une interaction limitée : pas de chat textuel, pas de micro, tout se fait via des emotes. L’espace d’un instant, le jeu se transforme et chaque rencontre devient une lueur d’espoir. Car oui, libre à vous de coopérer avec ces autres pour défaire plus facilement vos ennemis mais attention, tout le monde n’est pas amical et ce qui était à l’origine une rencontre fortuite peut rapidement devenir un combat à mort dont le vainqueur sortira grandi par l’obtention d’un gain d’expérience significatif. Seul bémol, alors qu’Absolver utilise une interface discrète pour renforcer l’immersion, il n’hésite pas à nous prévenir des joueurs présents dans notre partie sans qu’on ne les ait encore rencontré : sans cette information, ces rencontres, à la manière d’un Journey, auraient sans doute gagné en surprise et en intensité.

absolver-fighters

Mais l’expérience multijoueur ne se limite pas à ces simples rencontres. Au-delà même du monde d’Alda, il est possible d’affronter d’autres joueurs en combat singulier et ainsi mettre à l’épreuve notre talent. Là où Absolver aurait pu se limiter à ces simples confrontations, il décide encore d’innover avec un système d’écoles et de classement général. Très simplement, il est possible de rejoindre l’école fondée par un autre joueur en devenant son disciple (ou de soi-même créer une école). Un outil communautaire puissant qui, s’il est soutenu par les joueurs, pourrait se révéler extrêmement intéressant et ouvrir la voie à de futurs tournois. En surcroît, les développeurs travaillent actuellement sur un mode de combat en équipe (3V3) ainsi qu’un mode spectateur pour pouvoir visionner des matchs et apprendre en observant la technique des combattants.

Les plus observateurs d’entre vous auront sans doute remarqué que je n’ai, dans cette critique, quasiment pas abordé les défauts du jeu. Alors oui, Absolver n’est pas parfait. Les combats au-delà du 1v1 peuvent être brouillon et l’univers du jeu, au potentiel monstre, est clairement sous-exploité. De même, on pourrait reprocher à Absolver son apprentissage brut de décoffrage, le jeu nous catapultant littéralement dans son univers et ses affrontements sans vraiment prendre le temps de tout nous expliquer. Mais peu importe. Absolver rattrape aisément ses lacunes grâce à ses mécaniques efficaces et son ambiance délicieusement désolée. Véritable bouffée d’air frais, Absolver s’est donné les moyens de son ambition et je ne peux que féliciter le studio Sloclap qui signe là un premier jeu prometteur pour leur avenir.

  • Critique réalisée à partir d’un exemplaire du jeu sur PC envoyé par Cosmocover
Publicités

Et si tu nous donnais ton avis ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :