Agents of Mayhem, dans l’ombre des Saints

Quatre ans après la sortie du quatrième opus de Saints Row, Volition remet le couvert avec un spin-off de la licence au lieu d’un classique épisode canonique. Si Agents of Mayhem parvient finalement à se détacher de son modèle, c’est à la fois pour le meilleur et pour le pire…

Le monde est en danger. Des méchants très méchants et un peu cinglés sur les bords veulent envahir le monde. Mais comme la vie est bien faite, une organisation pas si secrète que ça émerge et veut tout faire pour les arrêter : M.A.Y.H.E.M. Composée d’une dizaine d’agents aux caractères bien trempés et aux motivations aussi nobles que basses du front, M.A.Y.H.E.M s’évertue à contrecarrer les plans machiavéliques de L.E.G.I.O.N à travers des opérations d’envergures comme du bourrinage d’ennemis, du bourrinage d’ennemis ou encore, du bourrinage d’ennemis. Vous l’aurez compris, dans Agent of Mayhem, ça castagne, et pas qu’un peu.

Agents-of-Mayhem-agents
La fine équipe.

L’Agence tous risques, c’est vraiment…

Scénaristiquement parlant, Agents of Mayhem fait dans tout, sauf dans la finesse. Du méchant caricatural à l’archétype du gentil ambivalent, vous aurez déjà tout vu. D’entrée de jeu, nous voilà plongé dans une parodie de film d’action/espionnage. Décalé, le ton se veut humoristique et railleur comme en témoigne les nombreuses interactions entre nos agents qui ne manquent jamais de balancer ça et là une réplique au mieux badass, au pire repompée. Mais si ces interventions et le pitch de certaines missions prêtent à sourire, rares sont les fois où l’on rigole franchement : quand, par l’absurde, le jeu fait rire, il renvoie surtout à l’humour débridé de Saints Row dont il s’inspire et nous rappelle amèrement qu’en effet, ce n’est qu’à un sous-produit de la franchise que nous nous adonnons.

agents-of-mayhem-cinematic
Les cinématiques du jeu adoptent un style anime plutôt appréciable.

Car oui, si Agents of Mayhem bénéficie de l’aura de la série, il n’en égale malheureusement pas toutes ses qualités d’écriture. Bien que cela soit une décision des développeurs eux-mêmes, dans une volonté de proposer autre chose (et bien leur en fasse), cette proposition se révèle finalement limitée et nous gratifie d’un scénario et de protagonistes de série B qui se prennent un peu trop au sérieux. Sans être une catastrophe, le niveau est relevé grâce aux personnalités exacerbée de nos personnages qui bénéficient chacun de missions qui leur sont dédiées, le tout dans un ton plus léger.

Le canardage pour les nuls

Dans la forme, Agents of Mayhem se présente, à tort, comme un open-world. Bien que l’action prenne place dans une version futuriste de la ville de Séoul, il en ressort que celle-ci n’est pas tant un monde ouvert qu’un grand hub interactif. Pourtant, tout y est : les points à capturer pour dévoiler la map, les objets à collecter et des missions secondaires par centaine. Cependant, l’alchimie n’opère pas, et pour cause, Séoul réussit l’exploit d’être aussi minuscule que vide. Sans identité, nous ne prenons finalement aucun plaisir ou intérêt à l’arpenter et nous nous contentons seulement de la traverser à toute berzingue, concentré bien plus qu’il ne le faudrait pour tenter de contrôler un véhicule à la conduite bien trop rigide. Amateurs d’exploration, passez votre chemin. Quant à vous qui êtes resté, penchons-nous plus en détails sur le coeur d’Agents of Mayhem : ses phases d’action.

Aux commandes d’une escouade de trois agents que vous aurez préalablement sélectionné, vous voilà jeté dans la bataille. Face à vous, des dizaines d’ennemis qui tirent à foison, bien décidés à vous descendre. Pour riposter, vous avez à votre disposition, en plus d’armes tout ce qu’il y a de plus conventionnel, des aptitudes aussi nombreuses que variées et uniques à chaque agent : bousculez vos ennemis, explosez-les, gelez-les, bref, malmenez-les autant que possible. Grâce à toutes ces possibilités, le changement d’agent à la volée et un triple saut salvateur, ces phases de shoot sont d’un dynamisme à toute épreuve et constituent sans aucun doute le plus gros point fort du titre : c’est fun, punchy et débile, tout ce qu’il faut pour s’amuser.

agents-of-mayhem-screenshot-ingame

Mais la vie d’un agent ne se résume pas à suivre bêtement les ordres en enchaînant les missions principales. À côté, le jeu n’est pas avare en contenu et propose une multitude de missions secondaires dont certaines demeurent intéressantes, notamment de part leur challenge. Cependant, on s’aperçoit vite que la majorité d’entre elles sont en réalité répétitives à souhait et ne sont là que pour amasser des récompenses, comme toute bonne quête de MMORPG coréen free-to-play (nous sommes à Séoul après tout !). Finalement, Agents of Mayhem est avant tout un jeu résolument arcade qui nous pousse à recommencer ses missions en optant pour une difficulté de plus en plus en coriace, ce qui plaira sans doute aux amateurs de challenge et aux maniaques de la complétion : des nombreuses heures de sueurs et de répétitions vous attendent avant le sacro-saint 100%.

Ni indispensable, ni mauvais non plus, Agents of Mayhem n’en reste pas moins divertissant et propose, malgré de nombreuses approximations, une expérience honnête et agréable. Véritable défouloir, il vous occupera une bonne dizaine d’heures ou plus si vous désirez le finir de fond en comble. Adeptes de Saints Row, réfléchissez-y à deux fois : si, comme moi, vous appréciez tout particulièrement l’humour loufoque et irrévérencieux de la licence, vous risquez fort d’être déçu. Quant aux autres, gardez en tête qu’Agents of Mayhem n’est pas à proprement parlé un open-world mais davantage un jeu de shoot survitaminé, ce qui lui sied plutôt bien en plus d’achever de le différencier de son modèle dont il souffre dans l’ombre.

  • Critique réalisée à partir d’un exemplaire du jeu sur PS4 envoyé par Koch Media
Publicités

2 commentaires sur “Agents of Mayhem, dans l’ombre des Saints

Ajouter un commentaire

Et si tu nous donnais ton avis ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :