L’E3 2017, le blues du gamer…

L’E3, c’est un peu la grand-messe des joueurs. L’événement incontournable qui n’a lieu qu’une fois par an, celui qui voit resurgir à chaque fois l’éternelle guerre des consoles sur les forums et le retour en fanfare de journalistes de toute contrée à Los Angeles où se déroule le show. Mais l’E3, c’est surtout la période des annonces qui modèlent le futur visage de l’industrie vidéoludique, avec son lot de surprises et de déceptions…

L’E3, c’est quoi ?

L’Electronic Entertainment Expo. Derrière ce nom barbare se cache l’E3 (que l’on prononce aussi bien “Le 3” que “Li Cube”, lequel est correct ? Mystère…) et le plus gros salon dédié au Jeu Vidéo du monde. À l’origine réservé aux professionnels, le salon a vu ses conditions d’accès s’assouplir avec les années, laissant peu à peu entrer également des “influenceurs” (comprenez par là “Youtubeurs” et cie) ainsi que le grand public contre monnaie sonnante et trébuchante (et c’est cher.). Vous l’aurez donc compris, nous, petit site indépendant et irréductible, nous ne triple-pesons pas assez dans le milieu : personne ne viendra donc nous inviter dans une somptueuse villa et goûter au plaisir du décalage horaire, des folles courses entre les conférences et des joies de la connexion Wifi capricieuse qui fait foirer les duplex.

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Mais fort heureusement, les éditeurs, soucieux de combler leurs adeptes, ont offert les sacro-saintes rediffusions en direct. Fini tristesse et désarroi, gloire à Twitch et aux soirées pleines de cernes et de gras devant nos ordinateurs ! Que demande le peuple ? Pas du sang, encore moins de la violence (quoique vu la virulence de certains sur la guerre des consoles, on se pose parfois la question) mais bien des annonces, du jeu et du spectaculaire ! Voilà ce que veut le peuple. Force est de constater que l’année dernière, nous avions été servi avec, entre autre, les retours triomphaux de “Final Fantasy VII Remake” et “Shenmue 3”, deux légendes du Jeu Vidéo sorties des placards pour remuer les foules. Et ça a fonctionné puisque Sony avait pour ainsi dire enterré la concurrence et gagné l’édition 2016 grâce à ces deux poids lourds et bien d’autres promesses. Mais qu’en est-il cette année ?

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Shenmue III à l’E3 2016.

L’usine à rêves ?

Pour cette édition 2017, le son de cloche était différent. Peu de maestria et très peu de coups d’éclat. Si l’on devait résumer tout cela en un mot, ce serait celui-là : sage. Une sage édition de l’E3. Les raisons sont multiples : avalanche de suites, peu de nouveautés et surtout, peu d’annonces réellement enthousiasmantes. Une édition sans cris ou applaudissements euphoriques, une édition sans peps et sans effet “WAHOU”…

Soyons clair dès à présent, ce ne fut pas mauvais, loin de là. Bon nombres de titres ont été exhibés, avec plus ou moins de panaches, certains ont d’ailleurs l’air très prometteurs. Cependant, il manquait ce petit quelque chose, ce petit supplément d’âme qui fait que l’on se souvient d’une conférence sans avoir à aller fouiner dans ses notes pour se rappeler quel était donc ce fichu jeu avec les explosions et les flingues qui avait l’air trop cool mais auquel on pensait déjà avoir joué une bonne dizaine de fois auparavant.

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Far Cry 5, fidèle à la formule.

Mais alors, pourquoi si peu d’enthousiasme ? Aurait-on déjà fait le tour de cette génération de console ? Est-ce d’ailleurs pour cela que Sony et Microsoft s’attache à proposer chacun une version boostée aux amphétamines de leurs machines respectives ? N’y a t-il donc plus que la technique pour nous faire bondir de nos sièges ? La discrétion de la VR cache-t-elle un désintérêt de l’industrie ? Et surtout, qui diable a bien pu tuer Pamela Rose ?

Ad nauseam

À chaque nouvelle conférence, la même rengaine. Comme chaque année, EA nous a présenté l’énième version de leurs différentes licences sportives. Comme chaque année, Microsoft s’est contenté d’enchaîner les jeux en jouant sur l’ambiguïté de l’exclusivité Console/PC. Comme chaque année, le PC Gaming Show n’en finissait plus de se terminer et comme chaque année, Ubisoft et Sony nous ont gratifié de suites, officielles ou non, et de licences et mécaniques déjà éprouvées. Et Nintendo ? Ils ne font plus de conférences, bien entendu. Je grossis le trait, je l’avoue. Au milieu de cette routine morose, il y eut bien quelques rayons de soleil, quelques fulgurances, mais non, rien n’y fait : le nuage était bien trop imposant pour vraiment se laisser percer.

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Patrick Söderlund, qui nous a gratifié de sa bonne humeur habituel pour l’EA PLAY.

Des annonces phares, il y en a eu : « Star Wars Battlefront 2″, « Need For Speed Payback », « Anthem », « Assassin’s Creed Origins », « Skull and Bones », « Metro Exodus », « Far Cry 5 », « The Crew 2″, « Uncharted The Lost Legacy », « God of War », « Days Gone », « Detroit: Become Human », « Life Is Strange Before the Storm », « The Evil Within 2 » ou encore « Call of Duty WWII ». Ce ne sont pas les seules, cependant, pour la plupart d’entre elles, rien de nouveau à l’horizon. Des suites à rallonge de licences qui ont déjà fait leurs preuves pour les unes et des concepts éculés camouflés en nouveautés pour les autres. Beaucoup de jeux certes, mais aucune réelle innovation si ce n’est quelques ajustements de gameplay ou quelques polygones en plus. Quant aux jeux en VR, hormis l’adaptation de « Skyrim« , « Doom » et « Fallout 4 » pour le support et une poignée de jeux pas bien folichons, rien de nouveau sous le soleil.

Que les choses soient claires, il n’y a aucune honte à se satisfaire de ces quelques ajustements, j’attend moi-même impatiemment de pouvoir mettre la main sur quelques titres évoqués plus haut : retourner dans un univers, y découvrir ses changements et en apprécier ses nouveautés est des plus plaisants. Il est cependant dommage que ce soit cela qui constitue l’offre dominante actuelle et qu’il faille donc nous en contenter...

Quelques menues surprises

S’arrêter aux quelques jeux évoqués plus tôt serait de mauvaise foi. Car, quand bien même certaines annonces sentaient le réchauffé, il y a parfois des plats que l’on adore se resservir. « Beyond Good and Evil 2 » en fait parti. Véritable jeu fantôme depuis de nombreuses années, Ubisoft a surpris son monde une seconde fois (la première étant à l’annonce de « Mario + Rabbids Kingdom Battle » avec Miyamoto sur scène) en révélant un somptueux court-métrage introduisant l’univers du jeu en toute fin de conférence avec un Michel Ancel larmoyant : c’est simple, il y avait presque autant d’émotions que dans un jeu de David Cage pour cette nouvelle légende resurgit du passé.

Plus spécifique cette fois-ci, l’annonce de « Monster Hunter World » sur Playstation 4, Xbox et PC. Une révélation inattendue pour une licence qui, dernièrement, se contentait de sortir uniquement sur les consoles NintendoAutre surprise, l’annonce d’un nouveau jeu, « Dragon Ball FighterZ », jeu de combat 2.5D mettant d’office à l’amende les « Xenoverse » grâce à un visuel époustouflant et une apparente nervosité à en faire dresser les cheveux sur la tête (un peu comme un super saiyan. Haha.).

Enfin, on retiendra aussi l’annonce d’un remake de « Shadow Of The Colossus », le très prometteur « Spider-Man » d’Insomniac Games en exclusivité sur PS4 ou encore le retour de « Metroid » avec un remake du second épisode sur 3DS et l’officialisation d’un « Metroid Prime 4 » sur Switch. Mention spéciale également à « Super Mario Odyssey » qui parvient encore à réinventer notre plombier préféré.

Les indés à la rescousse

Fort heureusement, tout n’est pas encore poussiéreux au royaume du Jeu Vidéo, loin de là. Si les plus gros éditeurs ne prennent plus vraiment le risque de nous surprendre avec leurs AAA, les indés, eux, n’ont rien à perdre, si ce n’est tout à gagner. Ils l’ont bien compris, comme en témoigne quelques titres à l’image de « Tunic », « Griftlands » ou « Ashen » : chacun ont leur ambiance et propose leur propre expérience.

Il en va de même pour « A Way Out » qui propose une relecture ambitieuse du jeu en coopération ou encore « The Last Night », un jeu visuellement sublime et musicalement envoûtant.

Finalement, cette année encore, ce sont eux, les indépendants, qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu. Ce sont eux qui arrivent encore à nous surprendre, à nous émerveiller d’un rien, parfois à tort mais souvent à raison. Et s’il y a une chose que j’attend de l’E3, c’est bien ça : être intrigué, emporté et surpris à me laisser rêver au futur du Jeu Vidéo.

Pour tout cela, nous pouvons remercier cette scène indépendante qui n’oublie pas que le Jeu Vidéo, bien plus qu’un simple marché, est avant tout un moyen d’expression formidable aux expérimentations fascinantes.

Retrouvez ma sélection des jeux de l’E3 2017 dans la playlist ci-dessous : 

 

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2 commentaires sur “L’E3 2017, le blues du gamer…

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    1. Merci bien ! Ça faisait longtemps qu’un sujet ne m’avait pas autant inspiré, autant je peux traîner une semaine pour l’écriture de certains articles autant celui-là je l’ai bouclé en une soirée ! De mon côté, j’ai aussi été davantage convaincu par la conférence « Ubisoft », en animation de conférence et en diversité, c’est vraiment le roi !

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