Logan, le final écarlate

Logan est fatigué. Fatigué de survivre. Plus qu’un mutant, c’est surtout un homme comme les autres, en proie à ses démons et pris dans ses propres griffes qui le consument autant qu’elles l’ont bâti. Wolverine n’est plus. Ne reste que Logan, lassé, usé par les combats et le temps, qui ne demande qu’à disparaître : cela ne se fera pas sans éclat…

Un X-men pas comme les autres

Que ce soit au sein même de la série des X-men ou du point de vue des productions Marvel habituelles, “Logan” n’est pas un film de super-héros comme les autres. Signe de la fin d’un cycle et promoteur d’une volonté des studios de production à relancer l’univers de X-men, “Logan” se distingue sur de nombreux points. Plus sombre, plus mature, plus violent, c’est un film plus cru, moins lisse qu’à l’accoutumé. Ici, pas de culte de la personnalité, pas de mis en avant de l’héroïsme ou du dévouement. “Logan”, c’est avant tout l’histoire d’un homme, de ses choix et de leurs conséquences. “Logan”, c’est l’histoire d’un mec rattrapé par son passé qui doit faire face à ses responsabilités.

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Indépendamment de son statut de “film de super-héros”, les thèmes évoqués précédemment ne brillent pas par leur originalité. Il en va de même pour la thématique de la paternité, centrale dans l’intrigue. Même le personnage, Logan, fait figure classique de l’anti-héros aux tendances autodestructrices. Néanmoins, il subsiste une différence de taille : Logan n’est pas n’importe qui. De part son passé de Wolverine, toutes les thématiques abordées prennent immédiatement une autre dimension : d’une trame ordinaire découle alors des enjeux X-traordinaire.

L’Histoire

Dès la première scène, Logan nous est montré comme un homme vieillissant. Devenu chauffeur pour particulier, il enchaîne les courses pour économiser un peu d’argent. Depuis de nombreux mois, il s’occupe tant bien que mal du Professeur Xavier, touché par des crises particulièrement violentes pendant lesquelles ses pouvoirs sont incontrôlables et dangereux. C’est dans ce contexte que Logan fait la connaissance de Laura, jeune fille qui aurait les mêmes pouvoirs que lui et qu’il va devoir protéger contre son gré.

Ainsi, au-delà de sa dimension de Road Movie, tout le film s’articule principalement autour de la relation qu’entretient Logan avec ces deux personnages : celle de l’héritier avec le Professeur Xavier et celle du père avec Laura. Cependant, leurs traitements n’est pas aussi efficace qu’escompté…

Le Paternel 

Bien que la relation Xavier/Logan soit particulièrement réussie, notamment grâce à des dialogues francs et directs appuyés par le passé commun aux deux personnages, la relation Logan/Laura ne prend place qu’à la moitié du film et ne prend véritablement sens qu’à la fin de l’intrigue. Malgré quelques séquences humoristiques, aucune alchimie particulière ne se dégage du duo. Ni amour, ni haine. Le tout n’inspire qu’une certaine indifférence : Logan la fuit, Laura s’accroche, silencieuse… Silencieuse. De sa bouche, ne sortiront que quelques mots, des bribes, des phrases, rien de plus. C’est ce silence, cette apparente discrétion qui fera défaut. Ce mutisme, qui, dans un premier temps, nous fait comprendre le caractère imprévisible et torturée de la fillette, finit par rendre Laura transparente, relayée au rang de simple bagage, de simple poupée dénuée d’émotions.

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Laura et Logan.

Cette impression ne sera démentie qu’à de bien trop rares occasions, et surtout, bien trop tard. Car oui, Laura sait parler. Logan lui même s’en étonne, s’en exaspère aussi : “Pourquoi tu n’as rien dit avant ?”. Bonne question. Si bien qu’après la scène finale, cette question résonne encore dans notre esprit. Ce n’est pas mauvais, loin de là, mais ne reste finalement que la désagréable sensation que nous sommes passé à côté de quelque chose qui aurait pu être bien plus percutant.

Logan, Laura, et le reste du monde

Et si Logan et Laura ne sont pas très bavards, ça ne les empêchent cependant pas de s’exprimer à grand coup de griffes à travers de nombreuses scènes de combat dynamiques et bien chorégraphiées. Mention spéciale au personnage de Laura, d’une cruauté sans borne avec ses ennemis. D’ailleurs, les ennemis, parlons-en ! Que ce soit le sous-fifre au bras robotique ou le professeur cruel et sans cœur, aucun des antagonistes ne brille par son originalité ou son charisme. À peine plus développés que les soldats servant de chairs à canon à notre duo, ils laissent indifférent et paraissent inoffensifs : un comble ! Seul un ennemi réussira à tirer son épingle du jeu. Mais n’ayant pas été véritablement introduit au récit, il ne représente qu’un obstacle de plus sur la route de Logan, sans rien impliquer d’autre.

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L’habit ne faisant pas le moine, la menace reste tout de même bien réelle. Tout au long de l’aventure, nos deux protagonistes croiseront de nombreux autres personnages qui vont les aider dans leur fuite et dont certains n’y survivront pas. Simple rencontre pour les uns, vieilles connaissances pour les autres, les relations avec ces personnages secondaires souffrent presque toutes du même problème : survolées, elles ne laissent jamais le temps au spectateur de s’accrocher. Alors que l’on devine de la part du réalisateur la volonté de nous faire ressentir de l’empathie pour certains d’entre eux, l’effet tombe à plat. Dommage.

The End ?

Entre franche réussite et déceptions mineures, « Logan » signe donc la fin de Wolverine. Road Movie sans pitié, il représente le dernier voyage, le dernier souffle d’une génération toute entière de X-men. C’est également le voyage initiatique de Laura, qui, au contact du Professeur Xavier et de Logan, se veut l’héritière de cette époque désormais révolue. Le film n’est pas parfait. Le spectateur novice de l’univers sera perdu et ne pourra pas mesurer toute l’ampleur du message, la cause à un scénario et des personnages trop vite expédiés. Celui-ci ne retiendra qu’une réalisation soignée, quelques scènes et des répliques qui auraient gagné à être plus marquantes. De plus, le film ne prend jamais véritablement le temps de se poser : quand il le fait, il n’apporte rien de plus à l’intrigue que certaines longueurs dont nous nous serions passé. Mais peu importe. Ce que nous retiendrons surtout, c’est l’émotion qui se dégage de quelques scènes clés et les prestations remarquables de Hugh Jackman (vieilli grâce à des effets spéciaux particulièrement réussis), de Patrick Stewart et de Dafne Keen.

Plus qu’un final éclatant, c’est le commencement d’une nouvelle ère pour les X-men…

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